Notre histoire
Du Mont-Mars de 1945 au Mont-Bélu d’aujourd’hui : un centre de ski bâti par sa communauté.

1945 — Le Mont-Mars est né
Le 7 mai 1945, la Seconde Guerre mondiale prend fin en Europe. Un dénommé Jos Fréchette obtient sa libération des Forces armées canadiennes le 22 septembre 1945.
Jos encaisse son chèque de paie : un beau gros 945 $ pour 5 ans et 3 mois de service (15 $ par mois) au sein de l’armée canadienne. Il en investit 475 $ pour son centre de ski. Les travaux débutent dès le mois d’octobre 1945. Le Mont-Mars était né.
Sa femme, Esther Villeneuve-Fréchette, a un « flash » en virant les crêpes : « Mont-Mars ! », s’exclame-t-elle. « C’est le nom du fondateur de Bagotville, qui est mon grand-père. » Jos lui répond : « Ça sonne bien, je vais en parler à la gang ce soir. »
La gang, constituée de Roland Lesvesque, Julien Gagnon, Alexandre Rasmussen, Clément, Chantal, Gaston et Roger Claveau, Ronald Ellefsen, Maurice, Liguori et Roger, fut d’accord pour le Mont-Mars.
Le grand saut en bois
Le Mont-Mars était reconnu pour son immense saut en bois, où l’on pratiquait le saut en longueur. Il était situé à l’endroit de la première pente abrupte, sous le télésiège actuel, à côté du garage ; la pente servait de piste d’atterrissage. C’était le rendez-vous par excellence des fins de semaine au Saguenay. Les spectateurs, nombreux, étaient silencieux et angoissés quand ces casse-cous s’envolaient sur plusieurs mètres. À l’atterrissage, les applaudissements et les cris étaient si généreux qu’ils résonnaient dans le fjord de la Baie. Les moins téméraires y pratiquaient le slalom et la descente.
1960 — Le premier T-bar de la région
En 1960, grâce à une poignée d’irréductibles passionnés de ski, la station acquiert le premier T-bar installé au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce fut l’œuvre de « patenteux » comme les Marcotte, les frères Boulianne, Fréchette, Clouston et Rasmussen.
Les cinq pistes tortueuses offraient des défis inimaginables : lignes sinueuses, une pente remontante, la traversée du T-bar pour changer de piste, une section de marche… Leurs noms évoquaient de grandes destinations européennes comme le Tyrol et Cortina, ou américaines comme Squaw ; d’autres rendaient hommage à des pionniers comme Simard (l’un des 21 colons qui colonisèrent le Saguenay en 1837, dont le prénom était Mars) et Marcotte.
Années 1970 — La Cortina
La piste la plus effrayante était la Cortina, qui accueillait chaque année une compétition régionale de descente. Étroite et glacée, elle présentait des sections abruptes avec des envols inévitables à trois endroits avant la décompression au bas du schuss d’arrivée.
1981 — Le Mont-Bélu
Ce n’est qu’en 1981, en prévision des Jeux du Canada de 1983, que le nom est changé pour Mont-Bélu. En 1988, le vieux motel de Jos Fréchette est rénové et devient l’Auberge de la Grande-Baie.
Propriété municipale
Devenue propriété municipale pour la somme de 40 000 $, la station ajoute d’autres pistes, le télésiège et un système d’enneigement artificiel. Durant la saison 2003-2004, les pistes sont renommées pour saluer les bâtisseurs : Lesvesque, Dufour, Fréchette, Simard, Rasmussen, Boulianne, Mont-Mars et Marcott.
Crédit : Esther Villeneuve-Fréchette et Mylène Fortier.